Booster sa mémoire avec un implant
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Améliorer sa mémoire grâce à un implant, possible ?

La mémoire est un outil d’anticipation. C’est grâce à nos actions passées que l’on peut envisager nos actions. Toutefois, dans le cadre de certaines maladies, la mémoire perdue l’est définitivement. C’est un problème qu’affronte l’humanité depuis toujours, mais nous voyons aujourd’hui l’émergence de technologies qui pourraient servir cette cause : un petit implant, à lui seul, pourrait un jour être capable de guérir certains troubles et de booster notre mémoire au-delà des capacités humaines.

La première découverte capitale dans le domaine des neurosciences s’est produite grâce au célèbre patient Henri Molaison. Il souffrait d’épilepsie, et pour pallier sa maladie le Dr William Scoville a décidé de lui retirer l’hippocampe. L’opération fut une réussite dans le sens où les crises du jeune homme ont pu être canalisées, mais il a immédiatement souffert de pertes de mémoire et s’est vu incapable de créer de nouveaux souvenirs. C’est ainsi qu’on a compris à quel point l’hippocampe est une pièce essentielle pour notre mémoire.

 

De nouvelles études neuroscientifiques pour aller plus loin   

Au départ, l’électricité.

L’utilisation d’implant dans le cerveau existe déjà depuis des années, entre autres pour les patients qui souffrent d’épilepsie. Le chercheur Theodore Berger et son équipe parviennent en 2003 à créer pour un rat le premier implant électronique faisant office d’hippocampe artificiel. Avec le docteur Dong Song, ils ont poussé leurs recherches sur la mémoire épisodique en faisant passer des tests à des patients atteints d’épilepsie et équipés d’implants. Ces implants ont permis de déterminer un « code cérébral » que l’on peut reproduire avec un circuit électrique fermé. En novembre 2017, l’université de Pennsylvanie publie la toute première carte des connexions électroniques du cerveau à partir de l’étude de données provenant de 300 patients de neurochirurgie. Cette carte a permis de définir trois zones clés du cerveau en matière de mémoire : le lobe frontal, le lobe temporal et le lobe temporal médial.

 

Ensuite, la lumière.

L’optogénétique est une discipline neuroscientifique qui utilise la lumière laser. Cette méthode permet de manipuler génétiquement des cellules ciblées avec des rayons de lumière, dans le but d’augmenter la connexion des synapses entre les cellules de mémoire. Dheeraj Roy a prouvé qu’une hausse des connexions des synapses peut être utilisée pour traiter la perte de mémoire chez des souris atteintes d’Alzheimer depuis peu de temps. Figure de l’optogénétique, Ed Boyden explique que les cellules du cerveau fonctionnent comme des sortes de panneaux solaires complexes, et que l’on peut sélectionner des zones à stimuler sans en toucher d’autres.

Dans un cas comme dans l’autre, les neurosciences sont utilisées dans un but curatif. Il s’agit de mieux comprendre le cerveau pour mieux le soigner. Toutefois, on voit déjà se dessiner les applications possibles que de telles découvertes peuvent amener à l’avenir dans le quotidien des personnes en bonne santé, cherchant à booster leurs performances cognitives en commençant par la mémoire, cette mémoire qui nous paraît toujours si fragile.

 

Des applications attendues dans le futur

« L’intelligence humaine sera une des plus grandes industries, si ce n’est la plus grande, à voir le jour. » Bryan Johnson, à l’origine de cette prévision, a investi, en 2016, 100 millions de dollars dans un projet d’envergure qui consiste à booster l’intelligence avec des implants. Il a créé la compagnie Kernel et travaille notamment avec Theodore Berger et Ed Boyden. Le premier a lui-même fait des expériences qui vont dans le sens de l’amélioration de la mémoire. D’abord avec des rats et ensuite avec des primates, lui et son équipe ont prouvé que les animaux équipés d’implants obtenaient de meilleurs scores que ceux qui ne l’étaient pas. Pour Theodore Berger, l’échange de souvenirs et de compétences a de grandes chances de voir le jour, ce qui nous permettrait dans un premier temps d’avoir besoin de moins d’entraînement pour maîtriser une compétence, et à terme que le transfert soit immédiat à la façon de Neo dans le film Matrix. En ajoutant à cela les procédés d’optogénétique, la mémoire de l’homme pourrait alors être modifiable, et permettre d’acquérir de nouvelles capacités et connaissances ou bien d’augmenter celles qui existent déjà. L’objectif de cette entreprise est de développer la mémoire, mais aussi l’intelligence humaine, au même titre que les intelligences artificielles qui sont de plus en plus complexes. Plusieurs questions sont soulevées par ce projet. Comment fonctionnera notre mémoire demain ? Pourrons-nous apprendre 100 fois plus vite ? Pourrons-nous sélectionner nos souvenirs ? Nos cerveaux seront-ils directement connectés à des ordinateurs ?

 

Et pour booster sa mémoire sans implant, c’est possible ?

Comment mémoriser et faire progresser sa mémoire ? Avant de penser au futur, des solutions pour améliorer notre mémoire et permettre de mieux mémoriser ou d’apprendre plus vite sont déjà présentes depuis des millénaires avec pour origine La Rhétorique à Herennius, attribuée à Cicéron et qui popularise le concept à Rome. Ce manuel fait référence à la théorie du « palais de la mémoire », théorie qui consiste à s’imaginer une maison familière dans laquelle on dispose des éléments à des endroits précis. Cette technique de mémorisation fait appel à la fois à notre imagination et à notre mémoire visuelle. Une étude axée sur le gain de mémoire, publiée le 8 mars 2017 dans la revue  prouve que n’importe qui peut acquérir une mémoire plus développée que la moyenne grâce à cette technique.

On trouve aussi la technique du « chunking » qui est basée sur la mémoire du travail par blocs, elle consiste à relier des informations en fonction de leur sens pour créer des paquets d’information. L’attention est un facteur primordial, la meilleure manière de réussir est d’assimiler peu d’informations en même temps tout en évitant les distractions extérieures. De manière plus générale, on peut aussi noter l’importance des émotions dites « agréables », qui favorisent la mémorisation.

Rappelons toutefois qu’il existe plusieurs formes de mémoire, qui se travaillent chacune différemment, faire des mots croisés par exemple permet de travailler la mémoire sémantique. Mais ce n’est pas en travaillant cette mémoire que vous pourrez vous rappeler vos tables de multiplications ou encore où vous avez mis vos lunettes !

 

Du point de vue du formateur

Comment apprendre à apprendre ? Comment réussir à améliorer les capacités mémorielles des apprenants ? Faut-il d’abord apprendre aux gens à booster leur mémoire avant de les former à quoi que ce soit ? Possible, mais pas essentiel. Un formateur doit être capable de reconnaître les différents systèmes de mémoire afin de créer un lien entre la manière dont il enseigne et l’impact de son enseignement. Les neurosciences ont prouvé beaucoup de choses sur le plan cognitif, où l’on retrouve quatre facteurs clés pour favoriser l’apprentissage :

  • premièrement l’attention, qui est capitale pour tout apprentissage, mais également sélective (se concentrer) ;
  • ensuite l’engagement actif (la stimulation permet un meilleur encodage);
  • le retour d’information (incluant le rôle capital qu’occupe l’erreur dans le processus d’apprentissage) ;
  • et enfin la consolidation par la répétition (qui consiste à répéter consciemment quelque chose jusqu’à ce que cela devienne automatique et donc inconscient).

D’un point de vue pédagogique, pour donner du sens à l’apprentissage, il est possible de passer par des sessions de formation courtes, de faire des pauses fréquentes, de proposer des micro-exercices de relaxation, des siestes… On retient mieux dès lors que le cerveau a eu sa dose de repos, qu’il a eu le temps de faire le tri dans les informations données et qu’il a tout ce qu’il faut pour mémoriser efficacement. En dehors de la formation, les messages à faire passer aux personnes formées sont l’importance d’une alimentation équilibrée, la qualité du sommeil, l’exercice physique. Enfin, n’oublions pas que la mémoire est un muscle qu’il faut savoir entretenir : plus on apprend, mieux on apprend.

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