Mieux apprendre et former vos équipes grâce aux neurosciences

Délaissons quelques neuromythes pour rendre vos dispositifs plus performants !

1. « je n’exploite que 10% de mon cerveau »

Votre cerveau ne serait-il pas exploité à son plein potentiel ? Oubliez le scénario du film “Lucy” de Luc Besson. Cette croyance populaire est démentie par toutes les recherches en neurosciences.
Même une simple action comme bouger un doigt peut activer une large proportion du cerveau, et ce dernier est constamment stimulé, même durant notre sommeil (Geake, 2008). En revanche, s’il ne pèse que 2 % du corps humain, notre cerveau consomme 20 % de l’énergie disponible !

2. « je suis plus cerveau droit que cerveau gauche »

Vous êtes matheux spécialiste des nombres et des séquences logiques ou bien expert des images et de la créativité ? Docteur Jekyll et Mister Hyde ne sont que pure imagination. Pas de dominance cérébrale en réalité.
Selon Goswami (2006), ce neuromythe très populaire a été démenti par l’imagerie cérébrale. Les tâches cognitives sont effectuées de façon bilatérale, seul le langage est majoritairement logé dans l’hémisphère gauche.

3. « Je suis multitâches ! »

Auriez-vous les talents de la déesse Shiva ? Un cerveau bi-bande pour conduire deux tâches conscientes simultanément ? Cela n’a rien d’une fatalité, mais le fonctionnement conscient de notre cerveau est linéaire.
S’il est courant de réaliser une tâche « réflexe » en même temps qu’une tâche qui mobilise une attention sélective, comme à la fois faire du vélo et téléphoner (Koechlin ; Charron, 2010), revendiquer la réalisation de plus de deux tâches conscientes en simultané c’est en réalité « switcher » de l’une à l’autre à haute fréquence (Baillet, 2005). Le résultat peut s’en ressentir !

4. « je suis un pur auditif »

Nous pouvons avoir effectivement des préférences (auditif, visuel, kinesthésique, etc.). En revanche, nos préférences renforceraient-elles d’emblée la qualité de nos apprentissages ?
Apprendre mieux parce qu’on reçoit l’information dans son « style d’apprentissage préféré » est faux et a été démenti par les études de Pashler, McDaniel, Rohrer et Bjork (2008, page 105) puis de Landrum & McDuffie (2010).