L’hippocampe cérébral : 20  000 lieues sous les nerfs
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L’hippocampe, plus qu’un animal marin aux allures chevalines, constitue le socle de notre mémoire. Son existence est établie depuis des siècles, mais l’on découvre encore des fonctions à ce « neuro-animal ». Revenons sur la folle histoire de l’hippocampe, de sa découverte jusqu’à son exploration actuelle.

Historique

L’hippocampe a été nommé ainsi pour la première fois par Giulio Cesare Aranzio, anatomiste et chirurgien italien du XVIe siècle. Ce dernier l’a baptisé de cette façon pour sa ressemblance avec l’animal éponyme. Par la suite, diverses hésitations et propositions de nom ont été rencontrées pour cette crête courant le long du sol de la corne temporale du ventricule latéral du cerveau. Elle fut longtemps comparée à un ver à soie ou à une corne des dieux. Et c’est finalement Karl Friedrich Burdach, physiologiste allemand, qui clôturera le débat en 1829 et instaurera définitivement le nom d’hippocampe.

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Les premiers chercheurs à travailler sur l’hippocampe l’ont d’abord associé à l’odorat. Et parmi tous ces scientifiques, Vladimir Bekhterev fut le premier à trouver le lien entre l’hippocampe et la mémoire, en 1900, après avoir étudié le cas d’un patient qui souffrait d’amnésie.

La révélation

L’hypothèse émise par Vladimir Bekhterev se verra vérifiée cinquante-sept ans plus tard, grâce au patient le plus célèbre dans le domaine des neurosciences : Henry Molaison. Victime d’une fracture du crâne étant enfant, il souffrait alors de crises d’épilepsies aiguës. Pour résoudre le problème des crises, le très reconnu docteur William Scoville a décidé de lui retirer l’hippocampe du cerveau. À l’époque, l’hippocampe était associé aux émotions, mais sa fonction restait encore inconnue. L’opération fut un succès dans le sens où les crises ont bien disparu, mais la mémoire à long terme du patient a, elle aussi, disparu. « H.M. » fut suivi par la suite pendant des semaines par Brenda Milner, encore étudiante à l’époque. Grâce à ses observations et études, elle révolutionna le monde des neurosciences, en redéfinissant le fonctionnement de la mémoire.

L’hippocampe, à quoi sert-il ?

Lorsque l’on parle de mémoire, c’est tout un organigramme complexe qui s’offre à nous. Mémoire implicite, explicite, procédurale, émotive… Mais quel est le rôle de l’hippocampe dans tout cela ? En collaboration avec d’autres parties du cerveau, il occupe un rôle important notamment dans les mémoires épisodique et spatiale.

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En effet, il y a trois fonctions associées à l’hippocampe, à savoir la détection de nouveautés, l’encodage des informations et la récupération de ces dernières. Ces trois fonctions permettent l’établissement d’associations entre des éléments en contexte servant à créer des souvenirs. C’est notamment grâce à l’hippocampe (combiné avec le cortex perirhinal et le cortex parahippocampique) que des éléments de votre journée ou de vos journées passées s’immiscent dans vos rêves.

Son rôle dans la mémoire spatiale a été déterminé grâce à une expérience réalisée avec des chauffeurs de taxi anglais. Ces derniers doivent connaître quasiment tout le plan de la ville par cœur pour obtenir une licence. À travers cet exercice cognitif, les chercheurs ont pu noter un changement structurel dans une partie du cerveau qui correspondrait à une croissance des cellules nerveuses ou à une augmentation du nombre de connexions entre les cellules. Cette étude permet d’émettre l’hypothèse que la partie postérieure de l’hippocampe serait l’abri de notre mémoire spatiale.

Émotions et mémorisation vont de pair

Les émotions sont une part essentielle des raisonnements et prises de décision. Elles influent sur notre humeur, donc sur notre motivation et par conséquent sur notre mémorisation. Ce sont elles qui nous permettent la construction du « soi », qui est l’image que l’on se représente de nous-mêmes à travers nos souvenirs. C’est grâce à nos émotions que nos souvenirs ont une substance, qui se dessinera plus précisément en fonction de l’intensité de l’émotion.

Nous l’avons vu, l’hippocampe est le siège de la mémorisation, mais pas seulement, c’est aussi grâce à lui que l’on se concentre et que l’on contrôle nos émotions. De plus, l’amygdale présente aux côtés de l’hippocampe est son plus fidèle allié quand on en vient à parler de mémoire émotive. Elle est essentielle au décodage des émotions, en particulier pour les stimuli menaçants pour l’organisme (qui peuvent devenir une source d’anxiété). De fortes émotions (positives ou négatives) amèneront donc à un souvenir plus précis, à l’image des soldats qui souffrent d’état de stress post-traumatique à la fin d’une guerre ou, à l’opposé, d’un sportif qui gagnerait une médaille d’or pour la première fois. La combinaison de ces deux éléments donne un contexte défini par des émotions.

Du côté du formateur

Les nombreuses recherches et problématiques autour de l’hippocampe ont permis de décéler des clés dans la compréhension de la mémoire humaine. Prendre en compte tous les éléments qui sont à notre disposition est capital du point de vue du formateur, pour pouvoir proposer des formations claires, adaptées et efficaces. Les recherches sur l’hippocampe nous renforcent dans l’idée que les émotions et la répétition sont des éléments décisifs d’un apprentissage efficient.

 

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